L'amande sort toujours, mais plus aux mêmes conditions. Quatre pays ont bougé dans le même sens en dix-huit mois : garder la transformation chez eux.
Ce qui a changé au Burkina Faso
L'export d'amandes de karité était interdit depuis septembre 2024. L'interdiction a été levée pour une fenêtre qui court du 1er décembre 2025 au 31 mai 2026 — une fenêtre, pas un retour au régime précédent.
Trois conditions l'accompagnent. Les exportateurs doivent obtenir une Autorisation spéciale d'exportation (ASE). Ils doivent s'engager par contrat ferme à vendre au moins 25 % de leur volume aux unités de transformation nationales, justificatifs de réception à l'appui. Et ils acquittent une taxe de 200 francs CFA par kilogramme exporté. Les ventes aux transformateurs locaux sont elles-mêmes plafonnées, entre 300 et 310 francs CFA le kilogramme.
Un mouvement régional, pas burkinabè
Le Bénin applique une taxe à l'export comparable, à 165 francs CFA le kilogramme. Selon Ecofin Agency, la Côte d'Ivoire et le Togo ont suspendu leurs propres exportations de karité en janvier et en avril 2025.
La direction est constante : déplacer la valeur de l'amande vers le beurre, et garder la transformation dans le pays producteur. Les exportations régionales de beurre de karité ont atteint un record au premier trimestre 2026 — la politique produit ses effets, et c'est le côté « amande brute » du commerce qui se resserre.
Ce que ça change pour un acheteur
Trois éléments relèvent désormais de la construction du prix et non des mauvaises surprises. La taxe est un coût au kilo, pas un frais qu'on découvre au quai. L'autorisation conditionne la sortie même du lot. Et la fenêtre se referme le 31 mai : un contrat karité signé en avril pour un embarquement en juin est un contrat inexécutable.
Rien de tout cela ne rend l'origine impraticable. Cela en fait une origine documentée, dont les pièces se vérifient avant l'achat du lot plutôt qu'après.
Ce que nous demandons à un fournisseur
Le numéro d'ASE, pour que le droit d'exporter soit établi et non supposé. Le contrat et les justificatifs de réception attestant les 25 % vendus à la transformation nationale. Et la taxe affichée en ligne dans l'offre, plutôt que fondue dans un FOB que personne ne peut décomposer.
Un fournisseur qui ne produit pas ces trois pièces ne propose pas un lot moins cher. Il propose un lot qui risque de ne pas embarquer.


